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Matignon ! Matignon ! Matignon ! Borne peine…

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Comme une onde qui bout dans une urne pas pleine.

Dans ton cirque de lois, de promesses, de brouillons.

Borne, pâle, menait mes si beaux bataillons.

D’un côté c’est l’Europe et de l’autre la France.

Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l’espérance ;

Tu désertais, victoire, et le sort était las.

Ah Mélenchon ! je pleure et je m’arrête, hélas !

Car les derniers marcheurs de la dernière guerre

Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,

Chassés LR, Flamby, passés pactes malins

Et leur âme chantait dans les clairons d’airain !


Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.

Il avait l’offensive et presque la victoire ;

Il tenait les réacs acculés, sans un droit.

Sa lunette à la main, il observait parfois

Le Centre au combat, point obscur où tressaille

La mêlée, effroyable et vivante broussaille,

Et parfois Horizon, cherchant un mécène

Soudain, joyeux, il dit: Brigitte ! …C’est Le Pen !


L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme,

La mêlée en hurlant grandit comme une flamme.

Les batteries Nupes écrasa ses carrés.

L’assemblée, où tonnaient les égos déchirés,

Ne fut plus, dans les cris des mourants qu’on égorge,

Qu’un gouffre flamboyant, rouge comme une forge;

Gouffre où les régiments, comme des pans de murs

Tombaient, où se couchaient comme des épis mûrs

Les beaux états-majors aux panaches énormes,

Où l’on négociait désistements informes !

Carnage affreux! Moment fatal ! L’homme inquiet

Sentit que la bataille entre ses mains pliait.

Derrière Brégançon, sa garde était massée,

Benalla, espoir suprême et suprême percée !

« Allons, faites donner Benalla ! » cria-t-il.

Abad et Darmanin, hussards trop tactiles,

Chrysoula en Phryné, Médée missionnaire,

Cuirassiers, canonniers qui traînaient des affaires,

Portant le noir colback ou le casque poli,

Tous, ceux de Castagner, et ceux de chez Mimi,

Comprenant qu’ils allaient mourir dans cette fête,

Saluèrent leur Dieu, debout dans la tempête.

Leur bouche, d’un seul cri, dit : Vive l’empereur !


Puis, à pas lents, musique en tête, sans fureur,

Tranquille, souriant, concentré, à l’aise,

Sarkozy impérial, entra dans la fournaise.

Hélas ! le Jupiter, sur ses gardes, pensait,           

Regardait et, sitôt qu’ils avaient débouché

Sous tous les insoumis crachant des jets de soufre,

Voyait, l’un après l’autre, en cet horrible gouffre,

Fondre ses régiments et ministres d’acier

Comme fond une cire au souffle d’un brasier.

Ils allaient, l’arme au dos, fronts bas, graves, stoïques.

Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques !

Le reste du parti hésitait sur les torts

Et regardait mourir Castagner. – C’est alors

Qu’élevant tout à coup sa voix désespérée,

La Déroute, géante à la face effarée

Qui, pâle, épouvantant les plus fiers compagnons,

Changeant subitement les drapeaux en haillons,


A de certains moments, spectre fait de fumées,

Se lève grandissant au milieu des armées,

La défaite apparut au parti qui s’émeut,

Et, se tordant les bras, cria : Sauve qui peut !

Sauve qui peut ! Affront ! Horreur ! – toutes les bouches

Criaient ; à travers champs, fous, éperdus, farouches,

Comme si quelque souffle avait passé sur eux.

Dans les circonscriptions où les planqués peureux,

Roulant dans les fossés, se cachant dans les seigles,

Jetant Blanquer, Ferrand, jetant tous les aigles,

Sous les sabres anciens, ces vétérans, ô deuil!

Tremblaient, hurlaient, pleuraient, couraient ! – En un clin d’œil,

Comme s’envole au vent une paille enflammée,

S’évanouit ce bruit qui fut la grande armée,

Cette assemblée nouvelle qui se lève aujourd’hui

Vit fuir ceux devant qui le RN avait fui !

Soixante mois sont passés, depuis que Jupiter…

Matignon, ce château funèbre et solitaire,

Ce champ sinistre où Dieu mêla tant de néants,

Tremble encor d’avoir vu la fuite des géants !


Emmanuel oui les vit s’écouler comme un fleuve ;

Hommes, réformes, tambours, slogans; – et dans l’épreuve

Sentant confusément revenir son remords,

Levant les mains au ciel, il dit: « Mes soldats morts,

Moi vaincu ! Mon parti est brisé comme verre.

Est-ce le châtiment cette urne sévère ? »

Alors parmi les cris, les espoirs évanouis

Il entendit la voix qui lui répondait : Oui ! »


(D’après Victor Hugo, Les Châtiments, ‘L’expiation’)

Antoine Adeline

(25 juin 2022)

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